Châteauneuf-du-Pape, une généreuse complexité
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Châteauneuf-du-Pape, une généreuse complexité

Le vin des Papes

Comme son nom le laisse deviner, l’histoire de l’appellation est liée à celle de plusieurs papes. Elle commence en 1157 lorsque Geoffroy, évêque d’Avignon, décide de respecter l’usage romain en plantant et cultivant un vignoble dans son fief. En 1308, l’illustre Clément V (alors archevêque de Bordeaux et propriétaire du château Pape Clément, aujourd’hui situé sur la commune de Pessac en Gironde) suivra lui aussi cette voie puisqu’il plantera des ceps qui feront de lui l’un des premiers exploitants de Châteauneuf-du-Pape. Ce fût ensuite au tour de Jean XXII d’apporter sa contribution à cette aire de production mythique. Grand amateur de vin, il fera construire un château sur la commune et lui confèrera la dénomination de Vin du Pape, lequel deviendra plus tard Châteauneuf-du-Pape.

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Grâce à la grande variété de cépages qui la caractérise, l’appellation résiste au phylloxera en 1866. Elle continuera à construire sa réputation et exportera même 2000 hectolitres en 1829. Dès 1894, on perçoit une démarche de structuration de l’aire avec la création d’un syndicat viticole. Celle-ci prendra plus d’ampleur en 1911, lorsque le conseil municipal instaure une commission de 34 viticulteurs afin d’établir une classification. Sous l’impulsion du Baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié, les règles et conditions de production sont mises en place dès 1923 et garantissent un haut niveau qualitatif. C’est donc logiquement que Châteauneuf-du-Pape obtiendra le statut d’AOC en 1933.

Une homogénéité des sols

La zone de production représente 3200 hectares de surface entre Avignon et Orange. Elle concerne la commune de Châteauneuf-du-Pape et les terrains de même nature des communes avoisinantes telles que Bédarrides, Courthézon, Orange et Sorgues. On ne dénombre que trois types de sols sur cette large étendue :

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    Des dépôts calcaires urgoniens sur le socle. C’est une combinaison idéale pour la production de vins blancs amples, aromatiques et avec une belle fraîcheur.

  • Des argiles à galets roulés au sud, résultat de l’agglomération de quartzite et silice des Alpes par le Rhône. Ils reflètent le style classique de l’appellation au travers de vins rouges généreux, ronds et structurés.
  •  Des terroirs sablonneux au nord qui révèlent des vins rouges légers, aux fragrances épicées et à la grande finesse.

L’appellation, qui domine la plaine du Comtat, est le secteur le plus sec des Côtes-du-Rhône. Les deux principales raisons de cette situation sont la forte présence de mistral, vent dominant de la région, et un ensoleillement annuel élevé. La chaleur emmagasinée par le sol caillouteux pendant la journée est ainsi restituée la nuit et assure une maturation et maturité constantes : phénomène plus communément connu sous le terme « effet four. »

Une appellation unique

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La production de Châteauneuf-du-Pape repose sur 13 cépages. Une spécificité de l’appellation qui se distingue ainsi des régions voisines. Comme dans l’ensemble de la Vallée du Rhône méridionale, le Grenache est majoritaire. Chaque cépage assemblé ensuite apporte ses propres caractéristiques au vin. Le Cinsault prodigue chaleur et moelleux. La Syrah, le Mourvèdre et le Muscardin amènent structure, couleur et fraîcheur. La Counoise est réputée pour sa vinosité, sa fraîcheur et son bouquet. Pour les vins blancs, qui représentent 6% de la production, les cépages les plus utilisés sont le Grenache blanc, la Clairette et la Roussanne. Ils délivrent des vins fruités empreints de fraîcheur, de minéralité et de délicatesse.

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Châteauneuf-du-Pape se différencie également grâce à sa bouteille : un flacon à la fois unique et emblématique. La bouteille armoriée, créée en 1937, présente un écusson symbolisant une tiare papale au-dessus des clés de Saint-Pierre, le tout entouré de la mention « Châteauneuf-du-Pape contrôlé ». Elle a valeur de marque collective et constitue un élément fédérateur de l’appellation. De plus, les règles de l’AOC, inspirées des propositions des vignerons locaux, sont très restrictives. Les vendanges sont faites à la main, les baies insuffisamment mûres ou avariées doivent être jetées, le rendement est de 35 hectolitres par hectare (l’un des plus faibles de France) et la densité de plantation est faible. Un ensemble de facteurs et d’obligations qui garantit à l’appellation Châteauneuf-du-Pape d’honorer sa réputation et de conserver une qualité constante.

 

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A propos de Marie Lallemand
Etudiante en Master 2 Spirits Marketing & Management à l'INSEEC Bordeaux, blogueuse et assistante e-marketing chez Millésima.

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