Millésima Série #1 : Bordeaux rouges vieux millésimes

Millésima Série #1 : Bordeaux rouges vieux millésimes

Du grand passionné à l’amateur curieux, qui n’attend pas la période de Noël pour ressusciter avec fierté et plaisir la pépite du passé précieusement dénichée et patiemment préservée dans le sombre écrin de la cave ? Patience est mère de vertu dit-on. Des surprises, bonnes ou mauvaises, nul ne peut prédire avec certitude le moment de dégustation, telle est la magie du vin. Mais dans un monde où le plaisir immédiat ne laisse plus de place à l’attente, avoir eu la sagesse d’attendre tant d’années nécessite bien de prendre quelques précautions.

Bordeaux Vieux millésimes

Qu’est-ce qu’un « vieux » millésime ? Savoir faire la différence entre l’apogée et le déclin du vin

Si la question laisse place à d’interminables débats, à partir d’une quinzaine d’années, on peut raisonnablement parler d’un vin « vieux ». Un vin vieux, c’est un vin vieilli dans de bonnes conditions, capable d’exprimer toutes ses qualités organoleptiques. Produit vivant, le vin évolue tout au cours de sa vie en passant par différentes phases : jeunesse, maturité, apogée, déclin. Vin vieux ou vin trop vieux, entre les deux, la différence peut être mince. D’une manière générale, un vin rouge trop vieux arborera une robe couleur marron à la nuance brique, caractéristique de l’oxydation. Au nez, le vieux millésime qui a su traverser les âges vous embaume le nez par des arômes de fruits mûrs, voire confits. Ce vin a pu évoluer vers des arômes que l’on qualifie de tertiaires, gibier, sous-bois, humus, champignon, feuilles mortes révélant toute la maturité du vin. Le vin trop vieux ne vous laissera pas douter longtemps. Rebuté par des arômes qui piquent le nez comme le vinaigre ? Le vin présente sûrement un défaut en raison d’une attaque de bactéries ayant transformé l’alcool en acide acétique. En outre, le nez ne doit pas seulement développer ces arômes tant recherchés mais doit conserver une certaine fraîcheur en présentant des notes fruitées, voire épicées preuve que le vin fait encore preuve de complexité. En bouche, un vin ample et volumineux donnera une sensation de « gras », d’onctuosité qui ne tient pas uniquement au ratio sucres-alcool. Avec le temps, le niveau d’acidité du vin diminue, le faisant apparaître ainsi plus onctueux, plus concentré et donc plus épais. Enfin les fameux tanins, ces molécules contenues dans la peau, les pépins et la rafle des raisins, doivent s’assouplir avec le temps tout en donnant toute la structure et la personnalité au vin. Prenons un Bordeaux rouge du Médoc de 2016 puis le même vin mais avec 10 ans d’âge…. Miracle, le vin qui dans sa jeunesse paraît austère, dur, laissant une impression de sécheresse dans la bouche et de langue râpeuse est devenu un véritable nectar, onctueux, « rond » en bouche. Les tanins se sont fondus avec le temps, créant une alchimie parfaite. Quel est donc le meilleur conseil à donner ? Si un vieux vin a pris le temps de se patiner et d’évoluer avec le temps, l’instinct et le goût donnent cependant la meilleure indication sur un vieillissement réussi ou non. Vieux millésime ou vin trop vieux, tout n’est qu’une élémentaire question d’équilibre !

« Un bon vin s’embellit en vieillissant », Vérité absolue ou Heureux hasard ?

Oui, par une magie encore non totalement élucidée, certains millésimes peuvent traverser les âges sans prendre une seule ride. Quels sont les secrets de ces vins qui traversent les temps ? « Boire du vin, c’est boire du génie », disait Baudelaire. L’explication n’en n’est bien sûr que rationnelle. Prenons une année dont le climat a permis de maintenir un état sanitaire des raisins optimal, marquée par de fortes chaleurs et une certaine sécheresse des sols obligeant la vigne à puiser dans ses réserves pour nourrir la plante, des vendanges réalisées lorsque les baies sont gorgées de sucre, toutes les conditions sont réunies pour produire un bon vin. La capacité à vieillir du vin sera ensuite développée lors du processus de vinification mais surtout de vieillissement. Un vin dont on souhaite mettre en valeur la jeunesse du fruit et mis en bouteille rapidement après la fermentation alcoolique n’a sans aucun doute pas la même capacité de vieillissement qu’un vin ayant bénéficié d’un élevage sous bois durant 3 ans. Ainsi, pour obtenir un vin dit de garde, on réunira des cépages présentant les caractéristiques adéquates, en fonction du terroir d’origine, puis on réalisera une vinification adaptée apportant concentration, complexité et structure au vin. Gardons cependant à l’esprit que seulement une minorité des vins produits dans le monde dispose de la constitution voulue pour être considérés comme des vins de garde.

Les meilleurs millésimes de Bordeaux ?

Considéré comme la perfection en bordelais, le légendaire millésime 1947 en  a fait rêver plus d’un. Année d’anthologie, rarement des vendanges auront pu marquer avec une telle force les époques. Et comment ne pas parler de l’année 1949, un des plus grands millésimes de l’après-guerre en bordelais et année la plus chaude depuis 1893 ? Bien que d’une extrême rareté aujourd’hui, ces pépites de légende sont encore à d’une grande fraîcheur, sans que les roses de leur jeunesse ne se soient fanées. Plus récent mais tout aussi légendaire, certains chanceux se souviennent encore du mythique Pétrus 1982, année  exceptionnelle en quantité et qualité marquant la naissance d’un nouveau style en Bordeaux, porté par l’influence grandissante de l’œnologue français Michel Rolland et Robert Parker. Tout aussi incroyables et exceptionnelles, les années 1995, 1996 et 2000 resteront gravées dans les annales tant pour les Médoc de la rive gauche que pour les Pessac-Léognan de la rive droite. Encore disposé à patienter en cave, 2005 entre lui aussi dans cette catégorie des millésimes d’exception, marqué par des conditions climatiques idéales entamées depuis le mois de mai avec un ensoleillement permanent, sans excès de chaleur, combinées à une fraîcheur nocturne ayant permis une maturation lente et saine des raisins, caractéristique des années légendaires de Bordeaux.

Petit tableau en image pour s’y retrouver :

millésimes Bordeaux

Comment déguster un vieux millésime ?

Déguster un cru de longue garde, c’est aussi l’accompagner avec beauté pour le sublimer. Mais pas si simple d’atteindre l’accord parfait ! Rappel de base mais néanmoins primordial, le service des vieux millésimes doit commencer en allant du plus léger au plus corpulent afin de conserver la fraîcheur du palais et des papilles. Après une longue période de vieillissement, les vieux millésimes ont tendance à perdre leur fraîcheur et leur fougue initiale pour révéler une délicatesse raffinée. Un grand vin n’a donc pas besoin d’artifices pour éblouir vos papilles et vous transporter. La simplicité de plats savoureux, justes, pas trop épicés et équilibrés sans ostentation mettront en valeur la richesse et la complexité des vieux millésimes. Alliez la noblesse et la richesse des viandes rouges rôties ou accompagnées de sauces légères aux crus de la rive gauche, atteignez l’accord parfait en alliant les crus de la rive droite aux ris de veau poêlés, au foie gras poêlé et à la finesse des plats à la truffe. En revanche, méfiance sur le plateau de fromages, moment phare des longs repas à la française. L’accord fromage vin rouge demande en effet une bonne dose d’habileté. En réaction à la protéine lactique du fromage, le grand Cru que l’on gardait depuis des années peut vite prendre des notes d’amertumes et d’âpreté en bouche assez désagréables. Pour ne pas tomber dans cet écueil, alliez un vin rouge juteux et avec de la rondeur sur un fromage à pâte pressée non cuite. Un Saint-Nectaire supportera parfaitement l’identité du vin rouge, son goût et ses arômes tout en supportant et en adoucissant la tannicité du vin.

Vous salivez ? Nous aussi !!! Laissez-vous transporter par la puissance d’un Pauillac Château Latour millésime 1998 ou par la grandeur d’un Château Haut-Brion millésime 2000. Le tragédien Corneille n’avait pas tort, « La valeur n’atteint pas le nombre des années », personne ne viendra contredire le fait que le meilleur vin est incontestablement celui que l’on partage. En famille, entre amis, succombez au génie de ces nectars.

De la découverte des meilleurs millésimes, aux conseils de dégustation, ne manquez pas non plus notre Millésima Tips #8 Servir une vieille bouteille pour un grand moment d’épicurisme et de convivialité…

Découvrez notre sélection de vieux millésimes

Vieux Château Certan 1998

Vieux Château Certan 1998

Plus ancien cru connu de la commune de Pomerol, Vieux Château Certan dispose d’une exceptionnelle proportion de cabernets francs et cabernets sauvignons. Après avoir patienté pendant près de 20 ans, ce grand vin révèle avec splendeur la puissance et la finesse d’un millésime 1998 exceptionnel.

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Château Léoville Poyferré 2000

Léoville Poyferré 2000

Référence incontournable des vins de la rive gauche, Léoville-Poyferré nait en 1840 et dans le célèbre Classement de 1855, il obtient le rang de Second Cru classé. Depuis, la réputation et le prestige de ce grand vin n’a jamais été démentie. Millésime d’exception, l’année 2000 a offert les conditions optimales pour révéler au grand jour la grande finesse de ce nectar.

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Château Ducru-Beaucaillou 2004

Ducru Beaucaillou 2004

L’exceptionnel terroir du Château Ducru-Beaucaillou permet aux 75 hectares de vignes du vignoble de réunir les meilleures conditions pour produire des vins d’exception. D’une très belle qualité, le millésime 2004 a été marqué par une année chaude et ensoleillée, permettant de révéler la plus belle expression du Cabernet Sauvignon et au Merlot qui composent l’assemblage. Expressif et d’une grande ampleur, Château Ducru-Beaucaillou 2004 surprendra par sa délicate gourmandise fruitée.

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A propos de Alizé Moretti

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