#3 Millesima Tips : les vendanges, techniques et réchauffement climatique (2/2)

#3 Millesima Tips : les vendanges, techniques et réchauffement climatique (2/2)

Après avoir parlé des vendanges dans leur généralité, le second volet de notre article sur le sujet confronte ici les vendanges manuelles et mécaniques et traite du sujet du réchauffement climatique.

Les vendanges : l’Homme contre la machine

Tradition ou modernité ? Vendanges manuelles ou mécaniques ? La question se pose souvent face à des conditions climatiques difficiles.

Mécanique

vendanges vendangeuse

© Pixabay

Les vendanges mécaniques – réalisées à l’aide de machines de plus en plus perfectionnées – sont en général réalisées par souci économique. Elles s’utilisent pour des vins classiques qui ne demandent pas une sélection précise des grappes, ce qui peut naturellement influer sur la qualité finale du vin. Aujourd’hui, près des trois quarts des vendanges sont effectuées à la machine. Cette proportion s’explique par la rapidité du travail mécanique par rapport aux vendanges manuelles et permet ainsi, en cas de risque de pluie, de préserver au maximum la récolte puisque rentrée plus rapidement au cuvier. Dans le Sud de la France, il est fréquent que ces machines servent pour des vendanges nocturnes. Cette technique permet d’empêcher l’oxydation des raisins durant de trop grandes chaleurs matinales. Sur ce dernier point, notons qu’il est tout à fait possible – et certains producteurs y sont coutumiers – de réaliser des vendanges nocturnes manuelles. or, cela contraint à une lourde organisation et la vendange manuelle (de jour comme de nuit) reste un lourd poste de dépense. Enfin, le décret de certaines régions ou d’appellations interdit le recours à la vendange mécanisée. C’est le cas en Champagne ou dans le Beaujolais car les grappes de raisins qui doivent servir à la vinification doivent être entières: ce que la vendange mécanique ne garantit pas.

Manuelle

© vendanges Henri Bourgeois

© Henri Bourgeois

Les vendanges manuelles sont liées à la tradition. En effet, historiquement, les vendanges sont effectuées par les hommes à la main et sans aide mécanique. Celle-ci est arrivée bien plus tard, en 1971, aux États-Unis, avant d’apparaître en France dès 1975 dans la région bordelaise. Les vendanges manuelles sont en général réalisées pour élaborer des vins d’une grande qualité ainsi que pour les vins dits effervescents. La sélection des grappes y est plus précise, mais augmente alors les coûts de production. Certaines régions viticoles sont assez hostiles à l’usage des machines à vendanger surtout lorsque les rangs de vignes sont assez étroits ou que les vignes sont implantées sur des endroits escarpés.

Les vendanges tardives sont obligatoirement réalisées manuellement, car elles exigent une sélection drastique et précise – avec plusieurs passages – dans les rangs de vigne. C’est le cas des raisins atteints du botrytis cinerea, présentant une belle acidité et une grande concentration en sucre.

Le réchauffement climatique : une aubaine pour les viticulteurs ou le début de la fin ?

Le réchauffement climatique est sur toutes les lèvres. Ce dernier a peut-être un impact sur la période des vendanges. En effet, on récolte manifestement les raisins en moyenne un mois plus tôt que durant les dates observées dans les années 1950. La multiplication des millésimes à fortes chaleurs a tendance à concentrer un peu plus les raisins en sucre, augmentant inévitablement la richesse en alcool mais ce serait sans compter le choix de certaines propriétés à augmenter également la surface filière (hauteur des vignes pour plus de photosynthèse, donc davantage de migration des sucres dans le raisin).

Force est de constater en revanche que les raisins – où qu’ils puissent se trouver – parviennent à une meilleure maturité: ce qui explique que l’on trouve de plus en plus souvent des millésimes d’une grande qualité. Cet aspect « millésime précoce » ou raisin plus mûr (parfois à l’excès), du fait ou non du réchauffement climatique, signifie aussi – et c’est un aspect peut-être négatif – que certains crus ou typicités d’appellations peuvent alors perdre leur identité. Enfin, certains vins pourraient manquer d’acidité et perdre ainsi leur grande capacité de garde. A noter également que certaines régions dites « fraîches » donc septentrionales, risquent de voir apparaître des maladies inédites sur leur territoire si le climat se réchauffe trop avec une alternance de chaleur et d’humidité. On le voit, il n’est donc pas si simple de tirer parti et profit du réchauffement s’il se manifeste réellement sur le cycle de la vigne.

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A propos de Thibault Rocher
Actuellement en contrat de professionnalisation chez Millésima en tant que rédacteur web, je suis étudiant en Master 1 de Conception-rédaction à Sup de Pub Bordeaux.

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