Château Montrose – l’autre « super second » de Saint-Estèphe

Château Montrose – l’autre « super second » de Saint-Estèphe

2009 & 2010 recompensé 100/100

2009 & 2010 recompensé 100/100

Grâce à son site exceptionnel et les investissements récemment consentis par les frères Bouygues, Montrose s’est vu récompensé avec un 100/100 points par Robert Parker. Fait assez rare pour une seule propriété, ce sont deux millésimes consécutifs – les fameux 2009 et 2010 – qui se voient auréolés de la précieuse récompense.

Situation

De loin, dans le paysage, le château Montrose semble une propriété modeste. Mais en se rapprochant, on remarque vite le cadre d’exception de ce second cru classé situé sur la hauteur d’une croupe graveleuse sur l’appellation Saint-Estèphe, dont les parcelles semblent se déverser dans l’Estuaire de la Gironde.

Un ménage à trois entre la puissance l’élégance et la complexité aromatique

Célébré par sa densité et sa puissance remarquables, château Montrose est nommé le « Lafite de Saint Estèphe » par le style de ses vins jouissant par ailleurs d’un potentiel de vieillissement incomparable. A ce sujet, évoquons cette petite anecdote de Robert Parker, à l’occasion d’une dégustation à aveugle. En 1982, Jean Paul Jauffret, l’ancien président du CIVB (Comité Interprofessionnel du Vin de Bordeaux) lui a présenté le millésime 1908 afin qu’il devine le millésime. Loin de s’imaginer qu’il était aussi vieux, Parker lui donna plus de 30 ans, alors impressionné par la matière encore très présente dans le verre.

Chateau Montrose

Chateau Montrose

Des origines à aujourd’hui

Ce cru est relativement jeune puisqu’il apparut sur les cadastres au début du 19ème siècle. Etienne Théodore Dumoulin, propriétaire du Château de Calon, a découvert la croupe de Montrose, couverte à l’époque de bruyères à floraison rose.  Persuadé que ce terroir est riche de promesse, il le défriche en 1815, le plante en vignes et y construit un château. En vendant château de Calon en 1824, il se consacre désormais entièrement à la production des vins de Montrose. 31 ans plus tard, cette propriété sera entièrement recomposée au moment où le vignoble sera classé « deuxième grand cru » dans le fameux classement de 1855 : classement impérial à la demande de Napoléon III.

Au milieu du 19ème siècle, la propriété perd un peu de son faste. Mais Mathieu Dollfus, un avant-gardiste social, entend dès 1861 inscrire la

Le château

Le château

propriété dans un « projet vitrine » au niveau technique et sociétal. En effet, il ajoute des maisons pour les vignerons, des nouveaux bâtiments d’exploitation et des parcs animaliers. Avec ces transformations, la propriété devient presque un petit village. D’une forte conscience sociale, Mathieu Dollfus établit un nouveau modèle de rémunération et apporte une amélioration dans les conditions de travail dans le Bordelais. Il prend en charge la sécurité sociale de ses ouvriers et partagent avec eux les bénéfices. Un modèle du genre.

Puis ce fut autour de la famille Charmolüe (riche famille et propriétaire à cette époque de nombreux crus, dont le célébrissime Cos d’Estournel) qui préside alors aux destinées de la propriété dès 1896. Montrose, au fil de trois générations de Charmolüe, sera maintenu au plus haut niveau.

Le style Bouygues: une ambition au service des énergies renouvelables.

En 2006, Anne-Marie et Jean-Louis Charmolüe décident d’écrire une nouvelle page de leur histoire vigneronne en partant dans le sud-est de la France (vallée des Baux de Provence) pour gérer une propriété en biodynamie. Ce sont les frères Bouygues (Martin et Olivier) qui se portent alors comme nouveaux acquéreurs de Montrose. Ils entendent, à juste titre, propulser ce cru dans une nouvelle ère: celle de la maîtrise des énergies, de l’environnement et faire exprimer à son plus haut niveau, l’expression du terroir. Montrose s’est, dès lors, lancé dans de longs et gigantesques travaux de rénovation. Les bâtiments suivent une charte environnementale. Martin et Olivier Bouygues ont pour volonté de créer un modèle de nouvelles technologies afin de réduire la consommation d’énergie de 50% ! Un pari ambitieux mais nécessaire pour repenser le métier. L’installation d’une production photovoltaïque sur l’ensemble du site, d’un système de récupération des eaux de pluie et d’une production thermo-frigorifique géothermique font que cette propriété est non seulement autonome dans ses énergies, mais reste sans conteste un précurseur au niveau écologique dans le paysage viticole médocain et d’ailleurs.

Un terroir aux mille facettes.

Situé sur une croupe graveleuse au bord de la Gironde, Montrose bénéfice de sols exceptionnels. Ils sont entièrement formés de graves profondes d’assez gros diamètre (type Güntzien) qui côtoient des sables très légèrement argileux. Cette forte proportion de cailloux dans la composition des sols est particulière dans le Médoc. L’exposition du vignoble de 95 ha offre également bon nombre d’avantages. Coiffant la croupe, les vignes surplombent pratiquement l’estuaire. Sachant que les meilleurs terroirs dans le Médoc se trouvent au bord de la Gironde, le vignoble est protégé d’un excès de sécheresse et d’un surplus d’eau. C’est un véritable micro climat. Comme un régulateur thermique, l’estuaire de la Gironde protège les vignes des grands changements de température, tout en gardant la chaleur produite dans la journée – se réfléchissant alors sur les sols graveleux – pour la redistribuer aux raisins la nuit. Les cépages – Cabernet Sauvignon (majoritaire puisque présent à plus de 65%) suivi du Merlot (30%), du Cabernet Franc (4%) et du Petit Verdot (1%) – ont vraiment trouvé leur bonheur sur un terroir de si grande qualité où s’expriment des vignes dont l’âge moyen frôle les 40 ans.

Les millésimes 2009 & 2010 –  auréolés d’un 100/100 par Robert Parker

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Chateau Montrose

D’une robe noire à reflets rubis, ce vin présente déjà au verre une densité et profondeur impressionnante. Au nez se révèlent des arômes complexes de cassis, de framboise, de violette et de moka. Avec une attaque riche et volumineuse en bouche, les arômes de fruits noirs se confirment et sont complétés par des notes de cacao, lesquels ajoutent un plus en complexité. D’un caractère particulièrement racé, le vin se termine dans une finale très longue et persistante. Un Bordeaux classique d’exception qui possède un potentiel de garde extraordinaire d’au moins 60 ans.

L’assemblage est composé majoritairement de Cabernet Sauvignon (2/3) et complété par le Merlot, le Cabernet Franc et le Petit Verdot. Avec un élevage entre 16 et 18 mois en chêne français (60% de barriques neuves), les vins de Montrose possèdent un potentiel de garde d’au moins 50 ans (selon le millésime).

Disponible chez Millésima

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A propos de Frédéric LOT
A graduate of philosophy, ex-wine journalist. Community & Content Manager, in charge of Rich Media strategy and web 2.0 communication in Millesima wine merchant. Wine columnist on France 3 Aquitaine TV (French TV)

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