Les nuances de Rosé

Les nuances de Rosé

Une technique populaire

D’une superficie de 4046 hectares, le vignoble des Bordeaux Rosés a vu sa production multipliée par 12 en 20 ans. Appellation à part dans l’univers des grands crus bordelais, cette zone figure désormais comme l’une des plus importantes en production de rosé. Le plus souvent, ce sont des rosés de saignée. Cela signifie qu’après une courte macération en cuve (de 12 à 18 heures), et avant la fermentation, on prélève une certaine quantité de jus. Celui-ci sera ensuite vinifié de la même manière qu’un vin blanc, sans nouvelle macération. Cette méthode permet notamment d’accroître la concentration du vin rouge restant, celui-ci étant alors en contact avec un plus grand volume de moût (jus).

IMG_1955_light

Il existe également deux autres techniques pour la production de rosé. La première, la macération, débute de la même façon que la saignée. Les raisins libèrent pulpe, peau, pépin et jus durant 24 heures afin d’obtenir la couleur voulue. On presse ensuite le moût pour séparer la partie solide du jus, lequel fermentera seul plus tard. La seconde s’appelle pressurage. Il s’agit ici de presser directement les grappes entières ou éraflées juste après la vendange. Le jus récolté sera alors mis en cuve pour la fermentation. On obtient généralement des robes plus claires en agissant ainsi.

L’AOC Bordeaux Clairet

IMG_1966_lightEtendue sur 925 hectares, l’appellation Bordeaux Clairet constitue un intermédiaire entre le vin rouge et le rosé, empreint d’une grande histoire. La bataille de Castillon, en 1453, met fin à trois siècles de présence anglaise dans la région, laquelle a largement favorisé l’exportation des vins bordelais. « Clairet » est d’ailleurs un dérivé de l’anglais « claret ». Les vins rouges d’alors étaient bien moins concentrés et plus clairs. Ils se rapprochaient fortement des clairets d’aujourd’hui. Après la fin de la guerre de cent ans, les anglais commencent à s’approvisionner dans la région du Douro, au Portugal. Les vins de cette aire sont le fruit d’une longue macération. Ils sont plus riches, tanniques et colorés. Bordeaux s’adapte alors aux nouvelles envies de ses consommateurs et entreprend une logique de sélection des terroirs, de limitation des rendements et d’élevage en fûts.

Malgré cette nouvelle philosophie, Bordeaux a continué la production de ses clairets, véritable singularité de la zone. Il s’agit en fait de rosés bénéficiant d’une macération plus longue (de 24 à 48 heures). Le jus, plus soutenu, dégage des fragrances plus portées sur les fruits rouges. Ils sont à la fois plus denses que les rosés classiques mais partagent avec eux un fruité abondant et une belle fraîcheur. Plus vineux et intenses, ils apparaissent comme un joli compromis entre rouge et rosé. Ils sont issus d’un assemblage de Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Petit Verdot, Malbec ou Carmenère. Leur plénitude aromatique, leurs tanins doux et leur souplesse savent convaincre au même titre que leurs nuances herbacées et fumées.

D’autres « rosés » atypiques

IMG_2014_lightLe Clairet n’est pas le seul vin à semer la confusion sur le marché grandissant des rosés. Il en existe d’autres comme par exemple le Cabernet d’Anjou. Il provient de l’AOC Anjou en Maine-et-Loire. Demi-sec à moelleux, il est issu d’un assemblage de Cabernet franc et de Cabernet Sauvignon. Ses 4450 hectares de superficie produisent des vins à la robe pourpre et au nez vif. Ici, après fermentation, les moûts doivent présenter un taux de sucre d’au moins 10 g/l. Agréable, frais, suave, vif et moelleux, il est une très belle représentation de son terroir de schistes et de faluns : des roches constituées de coquilles. C’est un vin de garde à la finale mentholée dont les arômes de framboise, rose et bonbon anglais évoluent vers des notes de fruits confits et d’écorce d’orange.

Enfin, l’AOC Tavel, en Vallée du Rhône.

Cette appellation unique produit exclusivement des vins rosés et ce, depuis des siècles. Une tradition ancestrale qui lui vaut la qualification de roi des rosés. En effet, le roi Philippe Le Bel et les papes d’Avignon en étaient friands à l’époque. Bénéficiant d’un climat méditerranéen et d’un sol de sables, de galets roulés et d’alluvions argileuses, il séduit par sa richesse et sa complexité. Tavel a su mettre un terme à cet imaginaire des rosés de soif grâce à des vins puissants, structurés et généreux, de couleur rose profond et au beau potentiel de garde. Le Grenache Noir (majoritaire) y est complété du Cinsault, du Mourvèdre et de la Syrah, du Carignan et des cépages blancs comme la Clairette, le Picpoul et le Bourboulenc. On apprécie notamment ses fragrances florales et fruitées qui deviennent, en vieillissant, des notes de fruits rouges, d’amandes grillées et d’épices.

roses Suisse_light

 

Les Rosés vous intéressent ? Découvrez notre offre

Newsletter

Abonnez-vous à la Newsletter hebdomadaire du Blog Millésima pour:


  • Bénéficier des derniers articles exclusifs sur le monde du vin
  • Découvrir les coulisses des plus grands domaines en vidéo
  • Etre alerter en avant-première sur les dégustations et événements que nous organisons

* champs requis

A propos de Marie Lallemand
Etudiante en Master 2 Spirits Marketing & Management à l'INSEEC Bordeaux, blogueuse et assistante e-marketing chez Millésima.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

GermanEnglishusaitaly



Entrez dans l’intimité des Grands Vins


Abonnez-vous à la Newsletter hebdomadaire du Blog Millésima pour :

  • Bénéficier des derniers articles exclusifs sur le monde du vin
  • Découvrir les coulisses des plus grands domaines en vidéo
  • Etre alerter en avant-première sur les dégustations et événements que nous organisons

Je suis déjà abonné(e) à la newsletter