Les jardins perchés de Côte-Rôtie
© Inter Rhône

Les jardins perchés de Côte-Rôtie

2000 ans d’histoire

Le vignoble de Côte-Rôtie est le plus septentrional des crus des Côtes-du-Rhône : le plus au nord de la Vallée du Rhône. La vigne y est cultivée depuis l’époque romaine et a donc derrière elle deux millénaires de construction et d’évolution. Les vins de la Côte-Rôtie verront leur réputation grandir durant le Moyen-Âge et la Renaissance, et seront servis aux tables des cours royales européennes – Angleterre, Russie, Prusse, France – avant la Révolution. L’appellation connaît son apogée en 1890, période à laquelle chaque lopin de terre est cultivé. Les vignerons sont même prêts à marcher plus d’un kilomètre pour récupérer le fruit de leur vendange, dans des parcelles souvent très difficiles à atteindre.

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Et si la région résiste au phylloxera, elle sera ravagée par la première guerre mondiale. Meurtrière, elle entraîne alors une réduction massive des effectifs et un abandon des vignes. On notera tout de même la naissance de l’AOC en 1940 pour cette aire de production de vin rouge exclusivement. Il faudra attendre enfin les années 70 pour que la nouvelle génération de vignerons signe le renouveau de l’appellation. Depuis, le vignoble a retrouvé sa taille d’origine. Il concerne plus d’une centaine de viticulteurs et connaît un succès mondial comme l’atteste encore aujourd’hui la position à l’international en 2013 : 40% de la production est exportée.

Côte Brune et Côte Blonde

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Le vignoble se situe sur la rive droite du Rhône, au sud de Vienne. Il est réparti sur 280 hectares et 73 lieux-dits classés. Les pentes, très escarpées jusqu’à 60% – donnent l’illusion de véritables jardins perchés et d’amphithéâtres naturels. Dès les romains, des murs de pierre (ou cheys) furent construits pour soutenir la terre. Chaque étape de la production est un défi, que ce soit la taille, l’entretien des terrasses ou encore les vendanges manuelles. Le terroir de roches métamorphiques – formées par la recristallisation de roches sédimentaires ou magmatiques – et les coteaux pentus n’autorisent que des terrasses larges de quelques dizaines de ceps. Elles sont à la fois à l’abri du vent glacial et très exposées à l’air chaud du sud, lequel a pour particularité de dessécher la vigne. Un facteur important qui protège de certaines maladies et accélère la maturation des raisins.

La division du terroir en Côte Brune et Côte Blonde a deux explications. La première, issue d’une légende locale, raconte l’histoire du Seigneur Maugiron qui partagea son domaine au 16ème siècle pour constituer les dots de ses filles : l’une brune et l’autre blonde. La seconde, bien plus réaliste, repose en effet sur des faits scientifiques et les différences géologiques de chaque aire. La Côte Blonde se compose de sols siliceux de couleur claire et de sables argileux friables et instables. Elle constitue la zone avec la plus grande proportion de parcelles complantées en Syrah et Viognier. La Côte Brune possède un sol moins siliceux mais bien plus argileux et stable. Contrairement à la Côte Blonde, elle ne nécessite pas constamment la présence de murets. Elle est une extraordinaire combinaison de micro-terroirs qui exigent patience et exigence de ses vignerons.

L’emblématique Syrah

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Cépage principal de la Côte-Rôtie, la Syrah est connue pour ses faibles rendements et sa production de grands vins. Cependant, l’appellation est le seul cru rouge des Côtes du Rhône du nord à pouvoir complanter du Viognier : dans la limite de 20%. Cépage roi de la région, elle est cultivée dans les 60 domaines. Plus que les trois communes de production de la Côte-Rôtie – Saint-Cyr sur Rhône, Ampuis et Tupin –, elle a su conquérir des pays producteurs du monde entier tels que l’Argentine, l’Afrique du Sud, la Californie, l’Australie (Shiraz) ou le Chili. Elle représente aujourd’hui près de 140 000 hectares. Cépage de caractère, la Syrah produit des vins d’une grande délicatesse aromatique. Complexes et élégants, avec des tanins d’une belle finesse, ils séduisent par leur intensité et la multiplicité de leurs arômes comme les épices, la violette, les fruits rouges et noirs, enfin le poivre. En conclusion, les vins qui en sont issus représentent un parfait équilibre entre structure charpentée, subtilité, alcool et acidité, pour des vins de garde d’exception : un fait d’autant plus avéré dans les très grands millésimes.

 

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A propos de Marie Lallemand
Etudiante en Master 2 Spirits Marketing & Management à l'INSEEC Bordeaux, blogueuse et assistante e-marketing chez Millésima.

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