Les primeurs 2012 par Robert Parker

Les primeurs 2012 par Robert Parker

Robert Parker note les primeurs 2012

robert_parkerLe célèbre critique américain publie son rapport sur le millésime 2012 à Bordeaux avec ses notes en primeurs 2012 (très attendues) et ses commentaires de dégustation. En voici la synthèse.

Les appellations

Mes dégustations révèlent clairement le succès global de la récolte des merlot : l’appellation la plus réussie étant Pomerol, suivie de près par Pessac-Léognan.

En raison de sa grande taille, Saint-Emilion offre pratiquement tout : à savoir des vins de haut vol qui ne sont pas loin de la griffe de 2010 et de 2009 ;  et des vins qui sont creux, trop extraits, rustiques et astringents. Dans le meilleur des cas, les tanins sont doux, surtout dans Pomerol, Pessac-Léognan et dans une certaine mesure, Saint-Emilion.

Le Médoc est la zone la plus préoccupante pour les raisons suivantes:
– certains vins manquent de corps
– certains sont herbacées, même végétaux
– d’autres sont trop tanniques

Néanmoins, de nombreux producteurs du Médoc réalisent à terme des vins fruités, avec souvent, dans la structuration, du charme – même si le poids en bouche est moyen. Ces vins sont délicieux sans un excès de concentration ou de tanin. Dans l’ensemble, les niveaux d’acidité dans les 2012 sont relativement faibles et les tanins sont assez élevés.

Par ailleurs, ce fut une année décevante pour les blancs liquoreux de Sauternes et Barsac : ce qui est démontré par le fait que quatre châteaux bien connus (Yquem, Rieussec, Raymond-Lafon et Suduiraut) ont déclassé l’intégralité de leur récolte.

En revanche, les vins blancs secs de Graves sont magnifiques. 2012 est clairement un grand millésime pour ces vins qui sont riches, doux, intense et mielleux.

Les prix

2011 a été trop cher quand il est sorti et les vins ne se sont pas bien vendus. Maintenant, nous avons le 2012. Les prix de ce millésime doivent baisser de manière significative pour les consommateurs. Dois-je penser que cette baisse puisse avoir lieu ? Alors que tout le monde parle de baisser les prix offrant aux consommateurs un accord plus juste,  j’ai tellement entendu cette chanson que je reste très sceptique sur ce qui va se passer.

Toutefois, Bordeaux est à un carrefour. Bien qu’il donne incontestablement le plus grand vin du monde, produit la plus grande quantité de grands vins sur la planète, et ne perdra jamais cette aura, ces préoccupations doivent être considérées au sujet de la viabilité de l’achat de Bordeaux pour le futur du vin.

Atouts du 2012

Une observation intéressante à faire est la suivante : les tanins sont doux, l’acidité est relativement faible et même la plupart des Médocs seront accessibles après leur mise en bouteille. Les 2012 sont nettement supérieurs aux 2011. Le millésime a également l’avantage d’être relativement accessible dans sa jeunesse quand on le déguste en ce moment.

Découvrez les primeurs 2012 par Robert Parker

Château Mouton Rothschild 2012 – Pauillac • 95-97

mouton rothschild 2012295€ HT
La bouteille de 75 cl
En vente par caisse de 6 sur Millesima.fr
soit 1770€ HTles 6 bouteilles

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Les cabernet-sauvignon intenses et mûrs ont produit un vin d’encre à la couleur pourpre avec les célèbres arômes de Mouton: crème de cassis et caractéristiques florales vivement affichées. Pour la première fois depuis quelques années, il semble avoir distancé leur rival en biodynamie, le Château Pontet Canet. Les tannins sont merveilleusement doux et enveloppent l’énorme fruit et la richesse extravagante de ce Mouton Rothschild corsé. Avec une densité profonde, cet effort terrible va probablement exiger 5-8 ans de cave après l’embouteillage. Il semble avoir 30 ans ou plus de potentiel de vieillissement, ce qui en fait potentiellement un des 3 ou 4 vins les plus durables du millésime.

Château Angélus 2012 – Saint-Emilion • 94-96

angelus 2012210€ HT
La bouteille de 75 cl
En vente par caisse de 6 sur Millesima.fr
soit 1260€ HTles 6 bouteilles

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Le mélange final de l’Angélus 2012 est de 55% Merlot et 45% Cabernet Sauvignon. L’une des superstars du millésime, dense et opaque, violet / bleu, couleur du millésime, offre des notes de fumée de barbecue, graphite, fusain, bleuets, mûres, cerises douces et sol de la forêt. Avec une intensité de fruit formidable, un puissant nez, et une bouche multidimensionnelle avec un corps entier, il devrait être prêt à un âge précoce compte tenu de la douceur des tanins. Il devrait évoluer facilement pour les 15 à 20 prochaines années.

Château Troplong-Mondot 2012 – Saint-Emilion • 94-96

troplongmondot201265€ HT
La bouteille de 75 cl
En vente par caisse de 6 sur Millesima.fr
soit 390€HT les 6 bouteilles

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L’une des superstars du millésime, bénéficie d’une couleur d’encre / violet ainsi que d’abondantes notes de liqueur de myrtille, de graphite, de truffes, de fleurs d’acacia et de pain grillé subtil. Corsé, opulent et déjà facile à boire, ce vin possède des niveaux élevés de tanin, mais ils sont relativement bien cachés par le fruit extravagant, la glycérine, la texture et la densité de ce Troplong-Mondot convaincant. Ce vin impressionnant peut s’arrêter après l’embouteillage et exigent 4 à 5 ans de cave. Il a le potentiel pour durer au moins 15 à 20 ans. Bravo!

Château Rauzan-Ségla 2012 – Margaux • 93-95

rauzan-segla201243€ HT
La bouteille de 75 cl
En vente par caisse de 6 sur Millesima.fr
soit 516€ HT les 6 bouteilles

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Le Rauzan Ségla 2012 peut se révéler être aussi fort que le 2010. C’est un mélange brillant de 54,5% de cabernet sauvignon avec 44% de merlot (qui représente la maturité et de l’intensité du vin) avec une petite cuillerée de 1,5% de petit verdot. Il bénéficie d’une couleur d’encre / bleu / violet ainsi que des arômes magnifiques de fruits noirs et bleus, de fleurs printanières, et des notes de pain grillé et de sol de forêt. Le bois est bien intégré ainsi que l’acidité comme les tanins modérément mûrs qui constitue ce vin corsé, ample, savoureux et riche. Il faudra 3-5 ans de vieillissement en bouteille et il faudra le boire dans les deux ans par la suite.

Retrouvez tous nos vins en primeurs 2012

[TECHNIQUE] • POUR COMPRENDRE LE MILLÉSIME 2012

Point Météo

2012 s’est avéré être une année complexe faisant de ce millésime « un millésime de vigneron » (très technique). Le début de printemps a été étrange, à la fois humide et froid. La fin printanière – soumise à une période pluvieuse et de fréquentes vagues de froid durant la période cruciale (pour les quantités) de la floraison – a eu un effet délétère sur les futurs volumes ; engendrant ainsi une fleur étalée et une fécondation très irrégulière (effet de coulure et millerandage, tout cépage confondu). Cet incident naturel impacta l’ensemble de la culture, en entraînant des décalages de développement et de maturité au sein des grappes.

Résultat : un risque de ramasser des raisins aux maturités inégales. Les grappes de raisins sont devenues le cauchemar des producteurs, puisque les raisins mûrissaient à des moments différents. Dès juillet, le pessimisme pouvait se lire sur les visages des viticulteurs, pensant que le 2012 n’avait aucune chance de rappeler à quiconque le fabuleux 2009 ou 2010. Avec cette floraison irrégulière et les épidémies de mildiou considérables, ces conditions ont exigé d’importants travaux dans le vignoble pour essayer de garder les vignes en bonne santé.

Chaque producteur espère des conditions optimales chaque année (une floraison, une pression barométrique faible, des vents modérés et aucune pluie significative).
Les choses ont finalement commencé à s’améliorer à la mi-Juillet. Dans le Médoc, le temps est devenu chaud et sec. À la fin de Septembre, il était clair que beaucoup de merlots de Pomerol de Pessac-Léognan et de Saint-Emilion avaient déjà été récoltés dans des conditions relativement bonnes. (…) En résumé, 2012 fut un millésime coûteux et exigeant en main d’oeuvre.

Le cabernet-sauvignon

En octobre, les producteurs du Médoc ont commencé à espérer des conditions estivales – d’été indien – mais cet optimisme a été de courte durée à cause de la pluie. Cette dernière a retardé la maturation et la maturité du cabernet sauvignon sans trop amoindrir la qualité des cabernets. Le soleil a par ailleurs commencé à diminuer au fil des jours mi-septembre, jours qui devenaient plus courts. Les producteurs atteignirent le point où la récolte ne pouvait plus attendre. Le tri minutieux et la main-d’œuvre – largement appliqués dans les meilleurs châteaux bordelais – ont permis d’éviter le pire et de sauver ce millésime.

Lorsque la récolte fut terminée, fin octobre pour les rouges et début novembre pour les sauternes et Barsac, le ministère de l’Agriculture a déclaré que c’était la plus petite récolte que Bordeaux ait jamais connu depuis 1991.

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